Défis et solutions pour faire progresser le dépistage du cancer du col de l’utérus
Le dépistage du cancer du col de l’utérus reste un pilier essentiel de la santé des femmes. Il permet de réduire significativement l’incidence et la mortalité liées à ce cancer en Europe. Aujourd’hui, les programmes de dépistage européens varient considérablement selon les besoins spécifiques des populations, allant de programmes basés sur la cytologie à ceux fondés sur la détection du virus HPV, ou encore à des approches combinant cytologie et test HPV (co‑testing).
Visionnez le replay du webinaire :
Advancing Cervical Cancer Prevention and Improving Screening Program Effectiveness in Europe (en anglais)
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé à l'élimination du cancer du col de l’utérus d’ici 2030. L’un des piliers pour y parvenir est qu'au moins 70 % de femmes bénéficient d’un dépistage de haute performance à 35 et 45 ans. Le plan européen de lutte contre le cancer s’inscrit dans la continuité de ces objectifs. Il vise à éliminer le cancer du col de l’utérus en élargissant l’accès au dépistage (90 % de la population cible devant recevoir une offre de dépistage d’ici 2025) et en améliorant l'information et la sensibilisation.
Pour y parvenir, l’Union Européenne s’appuie notamment sur le programme européen de dépistage des cancers. Celui‑ci vise les cancers liés au virus HPV grâce à une meilleure utilisation des données, des politiques de dépistage non genrées et une réduction des inégalités d’accès, rendant l’objectif d’élimination atteignable sous réserve d’une mise en œuvre forte et coordonnée.
Automatisation et programmes de dépistage en Europe
Au cours des deux dernières décennies, les programmes organisés de dépistage en Europe ont considérablement évolué. De nouvelles recommandations et l’émergence de technologies innovantes ont profondément transformé ce paysage. Les recommandations actuelles de l’Union Européenne préconisent une transition vers le dépistage primaire du virus HPV et insistent sur l’importance de programmes organisés à l'échelle de la population et encadrés par des procédures rigoureuses d’assurance qualité. Ces programmes sont essentiels pour réduire la charge du cancer du col de l’utérus, en garantissant un dépistage et un suivi de haute qualité, largement accessibles, qui intégrent de nouvelles technologies afin d'en améliorer la couverture et l’efficacité.
Les tests HPV présentent une sensibilité élevée et une forte valeur prédictive négative pour la détection des cancers et lésions précancéreuses du col de l’utérus,1 ce qui permet aux programmes de dépistage de rassurer les femmes dont le test HPV est négatif. Les recommandations européennes préconisent l’utilisation des tests HPV associée à une stratégie de triage basée sur la cytologie, afin de gérer le volume important de résultats positifs au dépistage. La plupart des infections à HPV à haut risque régressant spontanément, cette approche permet de limiter le surtraitement tout en garantissant que les femmes présentant des lésions persistantes de haut grade bénéficient du suivi et de la prise en charge nécessaires.
Choisir un test HPV
La détection de l’ARNm permet d’identifier les infections actives et offre ainsi une valeur prédictive positive plus élevée pour les infections les plus susceptibles d’évoluer vers des lésions précancéreuses. Cette approche améliore la spécificité du dépistage, réduit les colposcopies inutiles et contribue à éviter des prises en charge thérapeutiques non nécessaires.
De nombreuses études robustes, incluant jusqu’à 10 ans de suivi, ainsi que des données en vie réelle issues de programmes de dépistage, montrent que le test HPV ARNm (Aptima® HPV) présente une sensibilité et une spécificité élevées pour la détection des lésions précancéreuses du col de l'utérus.2–14 Ce test détecte l’ARNm des oncogènes E6/E7 de 14 types de HPV à haut risque, offrant une sensibilité élevée à une spécificité supérieure à celle des tests basés sur l’ADN. En ciblant l’ARNm, présent uniquement lors des infections actives et transformantes, ce test permet une meilleure identification des lésions de haut grade (CIN2/3+) tout en limitant les faux positifs liés aux infections transitoires.
Ces données soutiennent l’utilisation des tests HPV basés sur l'ARNm, dont la spécificité élevée et la forte valeur prédictive positive sont essentielles pour éviter la surinterprétation des résultats, source de suivis inutiles et d’anxiété pour les patientes.1
Principaux défis pour les laboratoires
À mesure que les programmes de dépistage du cancer du col de l’utérus basés sur le test HPV en première intention se développent à grande échelle, les laboratoires sont confrontés à plusieurs défis : intégration de nouvelles technologies, gestion de volumes croissants d’échantillons et maintien d’un haut niveau de qualité dans l’exécution du programme. La transition vers un dépistage primaire par test HPV implique des transformations majeures dans l'organisation des laboratoires, la gestion des ressources humaines et la gestion des données. Une adaptation réussie repose sur un haut niveau de préparation des laboratoires, soutenu par un pilotage robuste et des procédures strictes d’assurance qualité, afin de garantir l’efficacité et la sécurité du programme de dépistage.
Des tests moléculaires HPV fiables, étayés par une solide rigueur scientifique, des preuves cliniques et des données de vie réelle sont essentiels. De même, une automatisation adaptée aux forts volumes et à des flux de travail standardisés, jouent un rôle clé pour préserver la qualité et l’efficacité.
Les technologies continuent d’évoluer avec des solutions comme le système Genius™ Digital Diagnostics pour la cytologie numérique assistée par l’IA, qui vient compléter des solutions de référence telles que le test ThinPrep® Pap, le système entièrement automatisé Panther® et le test Aptima HPV. Ces solutions permettent de traiter un grand nombre d’échantillons de manière efficace et fiable.
L’automatisation associée à une capacité d’évolution (scalabilité) permet non seulement d’augmenter le débit, mais aussi d’utiliser le même échantillon pour les tests HPV et la cytologie lorsque cela est nécessaire, offrant ainsi une solution fluide et intégrée de bout en bout qui améliore la productivité du laboratoire et réduit les délais de rendu des résultats. Elle soutient également les démarches d’assurance qualité, grâce à des contrôles de processus intégrés et à la traçabilité des échantillons, éléments clés pour des programmes de dépistage à grande échelle.15
Point de vue des patientes : exactitude, confiance et participation au dépistage
Du point de vue des patientes, l’adoption de technologies avancées de dépistage du virus HPV se traduit par une diminution des erreurs diagnostiques et des actes inutiles. Les tests de haute spécificité garantissent un diagnostic plus précis, réduisent l'anxiété et renforcent la confiance dans le parcours de dépistage. Lorsque les femmes ont confiance dans la fiabilité de leurs résultats, elles sont plus susceptibles de participer régulièrement au dépistage, ce qui est essentiel à la fois pour leur bien‑être et pour atteindre les objectifs de santé publique.
Conclusion
Alors que les programmes européens de dépistage du cancer du col de l’utérus continuent d'évoluer, l’intégration de tests moléculaires de haute qualité et de solutions d’automatisation des laboratoires sera déterminante pour relever les défis actuels et futurs. L’association de technologies éprouvées et de solutions innovantes permet non seulement de gagner en efficacité, mais aussi de renforcer la confiance des femmes dans le système de santé, favorisant ainsi une participation accrue au dépistage et, à terme, de meilleurs résultats de santé à l’échelle européenne.
Pour plus d'informations, visitez la page Santé du col de l'utérus.
Pour plus d'articles, visitez le Hologic Innovation Exchange.
2797
Hologic BV, Da Vincilaan 5, 1930 Zaventem, Belgium.
Numéro d’organisme notifié, le cas échéant
Arbyn M, Simon M, de Sanjosé S, Clarke MA, Poljak M, Rezhake R, et al. Accuracy and effectiveness of HPV mRNA testing in cervical cancer screening: a systematic review and meta-analysis. Lancet Oncol. 2022 July;23(7):950–60.
Cook DA, Smith LW, Law J, Mei W, van Niekerk DJ, Ceballos K, et al. Aptima HPV Assay versus Hybrid Capture® 2 HPV test for primary cervical cancer screening in the HPV FOCAL trial. J Clin Virol Off Publ Pan Am Soc Clin Virol. 2017 Feb;87:23–9.
Iftner T, Neis KJ, Castanon A, Landy R, Holz B, Woll-Herrmann A, et al. Longitudinal Clinical Performance of the RNA-Based Aptima Human Papillomavirus (AHPV) Assay in Comparison to the DNA-Based Hybrid Capture 2 HPV Test in Two Consecutive Screening Rounds with a 6-Year Interval in Germany. J Clin Microbiol. 2019 Jan;57(1):e01177-18.
Strang THR, Gottschlich A, Cook DA, Smith LW, Gondara L, Franco EL, et al. Long-term cervical precancer outcomes after a negative DNA- or RNA-based human papillomavirus test result. Am J Obstet Gynecol. 2021 Nov;225(5):511.e1-511.e7.
Zorzi M, Del Mistro A, Giorgi Rossi P, Laurino L, Battagello J, Lorio M, et al. Risk of CIN2 or more severe lesions after negative HPV-mRNA E6/E7 overexpression assay and after negative HPV-DNA test: Concurrent cohorts with a 5-year follow-up. Int J Cancer. 2020 June 1;146(11):3114–23.
Forslund O, Miriam Elfström K, Lamin H, Dillner J. HPV-mRNA and HPV-DNA detection in samples taken up to seven years before severe dysplasia of cervix uteri. Int J Cancer. 2019 Mar 1;144(5):1073–81.
Reid JL, Wright TC, Stoler MH, Cuzick J, Castle PE, Dockter J, et al. Human papillomavirus oncogenic mRNA testing for cervical cancer screening: baseline and longitudinal results from the CLEAR study. Am J Clin Pathol. 2015 Sept;144(3):473–83.
Giorgi Rossi P, Ronco G, Mancuso P, Carozzi F, Allia E, Bisanzi S, et al. Performance of HPV E6/E7 mRNA assay as primary screening test: Results from the NTCC2 trial. Int J Cancer. 2022 Oct 1;151(7):1047–58.
Ratnam S, Coutlee F, Fontaine D, Bentley J, Escott N, Ghatage P, et al. Aptima HPV E6/E7 mRNA test is as sensitive as Hybrid Capture 2 Assay but more specific at detecting cervical precancer and cancer. J Clin Microbiol. 2011 Feb;49(2):557–64.
Heideman D a. M, Hesselink AT, van Kemenade FJ, Iftner T, Berkhof J, Topal F, et al. The Aptima HPV assay fulfills the cross-sectional clinical and reproducibility criteria of international guidelines for human papillomavirus test requirements for cervical screening. J Clin Microbiol. 2013 Nov;51(11):3653–7.
Iftner T, Becker S, Neis KJ, Castanon A, Iftner A, Holz B, et al. Head-to-Head Comparison of the RNA-Based Aptima Human Papillomavirus (HPV) Assay and the DNA-Based Hybrid Capture 2 HPV Test in a Routine Screening Population of Women Aged 30 to 60 Years in Germany. J Clin Microbiol. 2015 Aug;53(8):2509–16.
Cuzick J, Cadman L, Mesher D, Austin J, Ashdown-Barr L, Ho L, et al. Comparing the performance of six human papillomavirus tests in a screening population. Br J Cancer. 2013 Mar 5;108(4):908–13.
Monsonego J, Hudgens MG, Zerat L, Zerat JC, Syrjänen K, Halfon P, et al. Evaluation of oncogenic human papillomavirus RNA and DNA tests with liquid-based cytology in primary cervical cancer screening: the FASE study. Int J Cancer. 2011 Aug 1;129(3):691–701.
Rebolj M, Cuschieri K, Mathews CS, Pesola F, Denton K, Kitchener H, et al. Extension of cervical screening intervals with primary human papillomavirus testing: observational study of English screening pilot data. BMJ. 2022 May 31;377:e068776.
Filiti G. European Cancer Organisation. 2025 [cited 2025 Dec 3]. Closing the Gaps: A New ECO Report Sheds Light on the Status of HPV Screening Programmes in Europe. Disponible via : https://www.europeancancer.org/closing-gaps-cervical-cancer.html